Une sélection d'oeuvres d’art vidéo du Centre national des arts plastiques au Musée russe

Mercredi Samedi
13 sep 17 30 juin 18
Saint-Pétersbourg et Nord-Ouest de la Russie
Palais de marbre / Musée du son / Angleterre Cinema Lounge
Exposition

Philippe Parreno, Dominique Gonzalez-Foerster, Doug Aitken, Pierre Huyghe, Ange Leccia, Christian Marclay, João Onofre, Pipilotti Rist, Xavier Veillan, Lorna Simpson

Un projet du Centre national des arts plastiques, du Musée russe et de l'Institut français de Russie, avec le soutien du Musée du son et du cinéma « Angleterre Cinema Lounge »

 


Vernissage événement

mercredi 13 septembre 20h00 / Musée du son
« Des cinémas pour l'oreille », conférence de Jean-Yves Leloup
Accès libre / En savoir plus

 

• jeudi 14 septembre
19h00
 / Palais de marbre (Musée russe)
Vernissage, conférence de Pascale Cassagnau
Accès sur invitation

21h00 / cinéma « Angleterre »
Projection : « Ipanema Théories » (1999) de Dominique Gonzalez Foerster
mix live : Jean-Yves Leloup
Réserver vos places

 

vendredi 15 septembre 19h00 / cinéma « Angleterre Cinema Lounge »
Projection : « Zidane, un portrait du 21e siècle » (2006) de Philippe Parreno et de Douglas Gordon
Réserver vos places / En savoir plus

 

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• jeudi 30 novembre / heure et lieu à préciser
Conférence d’Audrey Illouz

 

Le programme se précise, merci de suivre les actualités sur l'événement sur Facebook et  Vk

Art vidéo du Centre national des arts plastiques

 


Du 14 septembre 2017 au 30 juin 2018 à la Salle verte du Palais de marbre (Musée russe), « Inside the Marble Palace », une exposition d'oeuvres d'art vidéos réunis par son approche performative.

Curateurs : Pascal Cassagnau (responsable de la collection audiovisuel, vidéo et nouveaux médias au Centre national des arts plastiques), Olessya Turkina (chercheuse en chef du Musée russe).

Chaque vidéo sera projeté pendant un mois

  • du 14 septembre au 16 octobre
    Doug Aitken, Diamond Sea, 1997
     
  • du 18 octobre au 13 novembre
    Christian Marclay, Guitar Drag, 2000
     
  • du 15 novembre au 11 décembre
    Ange Leccia, Dominique Gonzalez-Foerster, Gold, 2000
     
  • du 13 décembre au 15 janvier
    João Onofre, I See a Darkness, 2007
     
  • du 17 janvier au 12 février
    Pierre Huyghe, Blanche Neige Lucie, 1997
     
  • du 14 février au 12 mars
    Christian Marclay, Mixed reviews (American Sign Language), 1999–2001
     
  • du 14 mars au 16 avril 
    Pipilotti Rist, I am not the girl who misses much, 1986;
    You called me Jacky, 1990; I am a victim of this song, 1995
     
  • du 18 avril au 14 mai
    Lorna Simpson, Cloudscape, 2004
     
  • du 16 mai au 30 juin
    Xavier Veilhan, Le Film du Japon, 2002
     

 



Pipilotti Rist. 1962, Buchs.  I called me Jacky. FNAC 96585

 

Pascale Cassagnau

Pour un cinéma performatif
(sons, partitions)

« Je tiens que c’est ce dont chaque spectateur est amené à faire l’expérience, l’interprète étant — comme son nom l’indique — le traducteur, le passeur dont le travail intervient entre celui de chorégraphe et du public »
Jérôme Bel

 

Si, comme le rappelait récemment la chorégraphe et danseuse Claudia Triozzi, la performance consiste pour un artiste à se tenir hors de la représentation, ainsi qu’à être déporté hors de soi, la performance met aussi en œuvre un autre usage du temps qui désubjectivise les gestes, les actes, les situations.

Le travail de nombreux artistes aujourd’hui consiste en des performances qui se situent entre la chorégraphie et le champ de l’art contemporain, dans un travail de déplacements perpétuels, de décentrement de la notion de « champ disciplinaire », l’exploration d’un ailleurs de la danse, inscrivant la présence du corps autrement, sur scène ou dans l’espace de la vidéo.

 

À propos de l’œuvre intitulée «The Family Tree», la chorégraphe Claudia Triozzi et et le musicien Xavier Boussiron écrivent ceci :

« The Family tree : la famille s’éloigne par couches successives de voix. Ce n’est pas évident d’avoir une seule parole contre la musique. On ne chante pas systématiquement par amour, même si la répétition et la mélodie offrent une allure dissociée de l’amour propre. Que fait-on quand on écoute ? »

 

Dans un grand nombre de travaux chorégraphiques et plastiques, la voix — tout aussi bien parlée que chantée — devient l’élément structurant, l’outil fondamental, placée en lutte, paradoxalement, contre l’image, le corps lui-même, le geste, l’espace.

Performer des concepts, les reprendre, répéter, reprendre et répéter un geste, une action: là réside le fondement de la performance contemporaine, sa dimension « pédagogique ». Dans cette perspective d'une écriture spécifique, la « partition » joue à nouveau un rôle important, dans le théâtre des opérations, pour la mise en place d'un programme d'actions.

 

Tel est le cinéma performatif que sont en train d’inventer véritablement aujourd’hui un certain nombre d’artistes : un cinéma qui « performe » littéralement à la fois son contenu et sa forme, dessinant des boucles temporelles inédites. En outre, ces constructions temporelles s’élaborent à partir de partitions, qui jouent un rôle récurrent dans l’art contemporain. Partitions  de sons au sens musical du terme, mais aussi bien partitions de gestes, d’attitudes, pour modéliser des expériences, des formes à interpréter, à rejouer, portant ainsi les œuvres aux confins entre la musique, le cinéma, la danse.

 



Pierre Huyghe. 1962, Antony (Ile-de-France). Blanche-Neige Lucie. FNAC 970948

Olesya Turkina

L’art vidéo dans le Palais de marbre
(son, danse, performance)

Le Musée russe a été un des premiers à exposer l’art vidéo dans ses murs. C’est lui qui a fait découvrir au public russe Bill Viola et Bruce Nauman : leurs installations étaient présentées dans le cadre de l’exposition « Près des limites » il y a 20 ans, en 1997. Depuis, il a accueilli d’autres artistes éminents, aussi bien russes qu’étrangers. La nouvelle exposition des œuvres de la collection du CNAP s’inscrit dans cette tradition du Musée Ludwig au Musée Russe. Elle fait suite à l’exposition « L’art vidéo allemand au Musée Russe » de la collection Vidéo-Forum de Neuer Berliner Kunstverein.

« L’art vidéo dans le Palais de marbre » est une série de 9 expositions, reliées par le principe performatif, dans lequel le son et la danse jouent un rôle primordial. Depuis ses débuts, l’art vidéo était étroitement lié à la performance. La possibilité de filmer et de projeter simultanément le matériel enregistré comme un des procédés de base n’est qu’un des innombrables traits reliant la performance et l’art vidéo.

L’exposition au Palais de Marbre présente les plus importants artistes contemporains qui utilisent des médias différents, tels que la photographie, la performance, le son, l’installation, le cinéma et la vidéo. L’artiste américain Christian Marclay est connu pour ces expériences avec la matière sonore et adulé par les DJ du monde entier comme pionnier du turntablism, désignant l’art de créer de la musique grâce aux platines à vinyles et aux disques vinyles. Ses premières performances musicales datent de la fin des années 1970. Marclay peut visualiser le son comme dans l’œuvre « Guitar Drag » dans laquelle la guitare joue le rôle principal. Mais il peut également visualiser l’absence du son comme dans la vidéo «Mixed Reviews (American Language)» : un acteur sourd-muet y décrit avec des gestes une composition  musicale.

L’artiste français Xavier Veilhan, qui d’ailleurs a invité Marclay comme curateur de son studio de musique au  pavillon français de la 57e Biennale de Venise, utilise également le silence comme un effet sonore spécial dans son « Film du Japon ». Il est important de se rappeler que c’est au Musée Russe que Veilhan avait créé une de ces première œuvres d’envergure en 1990, dans le cadre du « Territoire de l’art. Laboratoire », exposition devenue mythique.

L’artiste suisse Pipilotti Rist  unit le son et la danse, ses œuvres hypnotiques sont profondément musicales. Dans une de ses vidéos précoces “I Am Not The Girl Who Misses Much” qui marie l’esthétique des clips vidéo et les traditions de la performance, l’artiste joue le rôle principal et réinterprète le début de la chanson de John Lennon «Happiness Is A Warm Gun» : «She’s not a girl who misses much”.

L’artiste américaine Lorna Simpson a invité l’artiste et musicien Terry Atkins à participer à son film «Cloudscape ». Filmé de dos, Atkins siffle un des hymnes américains qui rappelle des spirituals du XIX siècle.

L’artiste portugais Joao Onofre met en scène la chanson de Bonnie Prince Billie «I See A Darkness», interprétée par 2 enfants, en allant de l’obscurité absolue vers l’espace complétement blanchie par la lumière.

L’artiste français Pierre Huyghe reconstruit la lutte de la comédienne et chanteuse Lucie Dolène pour la réappropriation de sa propre voix, qu’elle avait prêté à Blanche-Neige dans la version française du célèbre film de Walt Disney.

L’artiste américain Doug Aitken  dans «Diamond Sea» «sonorise» l’espace fantastique filmé dans les mines désaffectées et crée une ambiance audiovisuelle articulée par une chorégraphie des images et des sons.

Les artistes français Ange Leccia  et Dominique Gonzalez Foerster se lancent dans une exploration psycho-géographique de la topographie cinématographique du Wild West américain. Dans le film « Gold » ils présentent des paysages imprégnés dans la mémoire de cinéphile ou rien ne passe, sans compter le montage lui-même.

« Ipanéma Théories » de Dominique Gonzalez Foerster, qui sera mixé en live par l’artiste français sonore Jean-yves Leloup au vernissage, traite du nomadisme des mégapoles contemporaines. Inspiré de « l’Eclipse » de Antonioni, ce film est composé d’une série de motifs urbains filmés par l’artiste à Bangkok, Hongkong et Kyoto.

Il se tiendra également dans le cadre de l’exposition « Insight the Marble Palace » une projection unique du célèbre film de Philippe Parreno et Douglas Gordon «Zidane, un portrait du 21ème siècle», consacré au footballeur mythique français Zinédine Zidane.

Les artistes présentés dans le cadre de l’exposition font chacun leur relecture de l’expérience du cinéma, du son, de la danse et de la performance. Ils visualisent le son et sonorisent l’espace, saturent leurs œuvres par des sonorités denses et des silences étourdissants, revisitent les traditions de la performance et de la chorégraphie d’avant-garde, réinterprètent les airs connus et les cadres des films en les transformant en archéologie culturelle et matière première de leur art. Les mouvements de caméra et le montage deviennent des éléments de la nouvelle chorégraphie, réflets d’une réalité augmentée à l’aide de la caméra.

 


    
 

 

 

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