EXPOSITION DE FRANK HORVAT « LE BESTIAIRE »

Jeudi Dimanche
15 juil 21 29 aoû 21
Moscou
MAMM (Multimedia Art Museum, Moscow)
Exposition

Frank Horvat est à la fois un classique et un rebelle, un révolutionnaire, un non-conformiste et un cosmopolite. Il s'est fait connaitre comme le photographe qui a réussi à combiner la mode et la photographie de rue.

Horvat a sorti les mannequins des studios, en les photographiant dans la rue. Il a abandonné le maquillage théâtral complexe et les appareils photo lents et encombrants au profit des « Leica » : plus pratiques et plus légers. Cela révolutionna la photographie de mode.

Horvat a défié les stéréotypes et a osé sortir du cadre - il s’est intéressé à la vie sous toutes ses formes.

Au début de sa carrière, ses photographies sont inspirées des traditions du néoréalisme italien et des reportages des stars de l’agence photo « Magnum ». Puis, s’intéressant à la photographie de mode, il utilisa ses compétences acquises dans le photojournalisme.

Dès les années 1970 Frank Horvat a fait usage des technologies numériques dans son travail.

Il montrait ainsi les possibilités « numériques » offertes au photographe professionnel.

Comme le photographe l’écrit dans le texte accompagnant l’exposition, « Le Bestiaire » est le résultat de son histoire d’amour avec les technologies numériques. (ou de sa passion pour les technologies numériques).

« Comme la plupart des gens, j’ai des rêves récurrents, bons ou mauvais. 

Dans les mauvais je rate des avions, je perds des dents ou je suis obligé à passer par des ouvertures trop étroites : les cauchemars de tout le monde, l’ordinaire des psychanalystes en quelque sorte. Mes bons rêves sont plus rares mais plus originaux : j’y rencontre des animaux qui me parlent et ça me met dans un état de bonheur qui peut persister longtemps après mon réveil. 

Je crois que ces rêves ont été le premier déclencheur de la présente série d’images. Le deuxième a été mon idylle avec l’informatique. 

Certains de mes amis photographes désapprouvent cette passion. «Les trucages par ordinateur» disent-ils «sont la fin de la crédibilité, et par conséquent la fin de la Photographie.» 

Voire. Il est vrai qu’un appareil photographique, placé et déclenché au hasard, enregistrerait une image «objective» de ce qui se trouve devant l’objectif. Placé au centre de Paris, par exemple, il montrerait la cathédrale de Notre-Dame, mais aussi les autocars, les affiches publicitaires, les marchands de souvenirs, la circulation parisienne et les touristes. Un photographe qui choisit son angle et son «instant décisif» ne se contentera probablement pas d’une telle image, mais souhaitera montrer «sa vérité». S’il s’intéresse, par exemple, à l’architecture gothique, il cherchera des expédients pour masquer le contexte contemporain - comme de photographier au clair de lune, ou au grand-angulaire, ou avec un temps de pose assez long pour faire disparaître les objets en mouvement. Dans son esprit il ne s’agira pas de truquages, mais d’effets artistiques destinés à exprimer «une des réalités» de Notre Dame, différente de celle du Paris quotidien - et peut-être plus digne d’intérêt. 

De la même manière, mais avec une bien plus grande efficacité, la retouche et la composition informatiques me permettent d’isoler et de souligner les aspects du réel qui m’intéressent. Les animaux montrés ici sont ceux que n’importe qui peut observer dans les zoos d’Europe et d’Amérique - mais libérés du béton, des barreaux, de l’encerclement par les regards humains: tels que je voudrais les savoir exister dans la nature, et peut-être aussi tels qu’ils m’apparaissent en rêve. »

Frank Horvat 
1994

Pour en savoir plus.

Adresse : 
Ostozhenka, 16
Moscou