La semaine de la francophonie à l’Université fédérale du Nord-Caucase

A Stavropol, nous avons célébré la francophonie avec un peu d’avance. Nous disposions de quatre jours, du mardi 10 au vendredi 13 mars, pour assouvir les initiés à la langue française, créer des rencontres avec les étudiants francophones de la ville, mais également pour toucher un public qui ne se doutait pas encore de son intérêt. Pour cela, nous avions parié sur un programme diversifié dont vous allez découvrir les détails au fil des jours.

Jour 1.

Les festivités ont débuté avec un jeu de rôles : « Mais qui a bien pu voler le trophée de la meilleure personnalité francophone ? ». C’est ce qu’ont tenté de découvrir nos apprentis détectives, guidés dans leur enquête par deux policiers (Asya et Natalia, étudiantes russes de troisième année, futures linguistes spécialisées dans les langues anglaise et française). L’équipe d’enquêteurs a dû rassembler les indices et écouter les récits des six personnalités francophones en lice pour le titre, également seuls suspects du crime. Ces personnalités ont été interprétées par des étudiants francophones d’Algérie, de Côte d’Ivoire, du Congo et du Gabon. L’aspect ludique de l’activité a attiré un public jeune, principalement composé d’écoliers et d’étudiants de première année.

A 17h, les étudiants intéressés ont pu en savoir un peu plus sur le fonctionnement des études supérieures en France et faire connaissance avec quelques villes étudiantes françaises. Après cela, Idir nous a parlé de son pays, l’Algérie, à travers ses sites touristiques, ses costumes traditionnels, ou encore ses spécialités culinaires. Puis Raphlin est passé derrière le micro pour partager avec nous sa connaissance du Gabon, et nous faire découvrir la richesse de sa faune. Un problème technique nous a privés des présentations du Cameroun, du Congo et de la Côte d’Ivoire, mais ce n’est que partie remise !

Jour 2.

Le mercredi, plusieurs groupes d’étudiants des facultés techniques, spécialisés en nanotechnologie, construction ou encore pétrole et gaz ont pu assister à des cours d’initiation du français. Beaucoup en sont sortis avec la volonté de renouveler l’expérience et pourquoi pas, de rejoindre la grande famille de la francophonie.

Plus tard, la technique a laissé place à la culture avec la soirée de la littérature francophone.

« La langue française est une langue de pétulance au ramage multicolore, une langue de lune de miel et de soupirs, langue d’élégance, langue de cour, langue de frisson et de bravoure, langue de refus, langue de guépard et de gazelle, langue de galop, langue des lois et langue des rêves, langue d’éternité. »,

clama Amadou Lamine Sall, poète sénégalais, à l’occasion du Forum mondial de la langue française à Québec en 2012. Merci à Asya pour l’organisation et aux étudiants pour leurs vers et chansons.

Jour 3.

C’est en russe qu’a débuté la troisième journée de notre semaine de la francophonie. En effet, nous avons intercepté des étudiants linguistes spécialisés en d’autres langues que le français, des historiens, des journalistes afin qu’ils répondent à ces quelques questions : « Savez-vous ce qu’est la francophonie ? », « Selon vous, combien de pays reconnaissent le français en tant que langue officielle ? », « Combien de francophones y-a-t-il dans le monde ? », « Pourquoi la langue française est-elle si étendue ? ». Certaines réponses sont surprenantes, parfois amusantes et je vous invite à lire le compte-rendu de ces entretiens au sein de notre faculté pour en savoir plus.

Après avoir piqué l’intérêt des étudiants, nous leur avons proposé de visionner le documentaire Métronome en russe. Entre deux cours, chacun a pu découvrir un pan de ce que fut Paris, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours.

La journée s’est achevée sur un jeu permettant de faire mieux connaissance avec la francophonie. Trois équipes d’apprenants auxquelles se sont mêlés les étudiants francophones ont tenté de répondre à 30 questions retraçant l’histoire de la francophonie, ses situations géographique et démographique, la diversité de la langue à travers le monde et des cultures qu’elle habite.

Le temps d’une présentation de la Côte d’Ivoire, les résultats sont tombés : c’est l’équipe « Le Ying et le Yang » qui l’a remporté ! Les bonnes réponses et leurs explications ont été d’autant plus appréciées qu’elles étaient accompagnées de rafraichissements et de petits gâteaux bien mérités.

Jour 4.

Vendredi, dernier jour de la semaine de la francophonie de l’Université fédérale du Nord-Caucase, était consacré au cinéma. Depuis 10h jusqu’à 18h, les étudiants ont pu apprécier trois long-métrages : Bal Poussière film ivoirien de 1988 réalisé par Henry Duparc, Délice Paloma film algérien de 2007 du réalisateur Nadir Moknèche et Starbuck réalisé en 2011 au Québec par Ken Scott. Nous avons également visionné une petite sélection de court-métrages, dont Alice et moi et Cogitations.

Le cinéma est toujours un excellent support de réflexion et nous a permis de conclure cette semaine de la francophonie sur des débats de sociétés, mais également sur un constat : la langue française n’est pas une, mais multiple et cela nous la fait aimer encore plus.

Charlotte Font, lectrice à l'Université fédérale du Nord-Caucase