A table, à table, petits et grands !

La saison des jeux de table au Centre culturel et linguistique francophone d’UrFU est officiellement ouverte.

Scotland-Yard, Cluedo, Mafia… ça vous dit quelque chose? Si vous posez la même question aux étudiants d’UrFU, ils vous diront toute une chaîne de synonymes – le 11 décembre, l’anticafé « Sovouchki», les masques, une ambiance chaleureuse et conviviale et tout ça en français. 

L’apprentissage d’une langue étrangère peut poser beaucoup de problèmes et c’est un fait incontestable. La présence assidue aux cours de langues ne garantit pas une bonne maîtrise car le professeur ainsi que l'atmosphère de travail jouent un rôle crucial. Bien que l’envie de progresser et de perfectionner la langue soit présente, beaucoup d’obstacles se dressent à tous les apprenants et la motivation peut s’estomper. Il est difficile d'emmagasiner d'importants volumes d'informations et  l’étudiant ne conserve qu’une petite quantité d’informations nouvelles,  rendant le progrès lent et difficilement quantifiable. En outre, le travail sur une langue étrangère se limite souvent à l’apprentissage par cœur de mots ou de textes sur un sujet précis, et l'on se rende compte que ce type de mémorisation est très éphémère, l'information disparait une fois l'examen passé (car elle cesse d'être répétée). 

N’oublions pas  la barrière linguistique. Les étudiants s’habituent très vite à leurs professeurs,  à leurs camarades et aux murs de leur classe. Une fois sortis de cet environnement  et mis en situation d’improvisation face à des inconnus, dans un endroit peu familier, les étudiants, même ceux qui se débrouillent bien pendant les cours, peuvent se sentir gênés. D’où le besoin de les mettre dans des conditions « artificielles » pour entrainer leurs capacités à (ré)agir vite et de élaborer des énoncés corrects en un temps limité.

Les jeux de table, organisés après les cours, visent à réunir les étudiants francophones d’URFU mais aussi des différentes universités de la ville d’Ekaterinbourg, à créer une ambiance conviviale où ils pourraient apprécier et améliorer leur niveau de français. Et comme le professeur, dans cette situation, n’est plus le professeur, mais un participant comme les autres, on n’a plus peur de faire des erreurs et avoir de mauvaises notes.

Jeudi 11 décembre, ce sont donc trois jeux qui ont été mis à l’honneur :

  • Cluedo, jeu de société abordable même par les débutants. Dans un manoir un crime a été commis. Les participants doivent résoudre, par déduction, l’énigme posée par ce crime. Le gagnant est celui qui désigne le meurtrier, trouve l’arme utilisée et situe le lieu du meurtre.
  • Scotland-Yard, jeu de stratégie, facile d’accès. A partir d’une carte de Londres, quatre détectives doivent trouver l’énigmatique Mr. X qui s’est enfuit de prison. Tous les joueurs se déplacent grâce à divers moyens de transport : taxi, bus et métro. Les détectives ont tous les droits de se parler pour atteindre leur but commun.
  • Mafia, connu en France sous le nom de ‘’Loup-garou’’. Il peut se jouer avec des étudiants qui ont déjà un certain niveau de langue. Dans la version que l’on propose, la plupart des participants ont des rôles précis  ce qui les contraint à écouter et à être encore plus attentifs. Pour lancer plus facilement la discussion initiale, on a ajouté un élément qu’on appelle « le lapsus d’après Freud». Une fois que les joueurs connaissent leur rôle, ils choisissent un sujet commun suite auquel ils se donnent des alias. Par exemple, si on choisit un sujet comme « Les animaux », il est fort probable que la mafia prendra des noms comme « Lion » ou « Tigre » et les habitants paisibles préféreront quelque chose de moins sauvage… Où cela peut être le contraire, comme hier, dans le cadre du sujet « Disney  et dessins animés », toute la Mafia a choisi des noms des Princesses – Raiponce, Belle, La Petite Sirène…et a gagné.

La conclusion est simple : des tels événements évoquent des émotions positives, les participants  communiquent, partagent leurs idées et essaient de les réaliser en langue étrangère. Résultat : ils commencent à parler de plus en plus et s’affranchissent.

Rendez-vous au prochain projet du CCLF – la soirée de Noel à la française !

Maria Shelepova, professeur de français à l'Université fédérale de l'Oural et directrice du centre linguistique et culturel francophone d'URFU

Quelques souvenirs de cette première soirée...