Dossier climat (4) : "parlez-moi de la pluie..." (B1)

Le climat n'est pas seulement une réalité naturelle, extérieure à l'homme : il participe aussi de notre identité. Les poètes et les peintres illustrent dans leurs oeuvres cette "climatologie" de l'âme, qu'explore également cette fiche pédagogique.

 

"Il pleure dans mon coeur"

 

On étudiera avec les élèves ce petit poème de Verlaine :

Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce cœur qui s'écœure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon cœur a tant de peine !

 

Paul Verlaine, Romances sans paroles, 1874

Compréhension écrite : on révisera le vocabulaire du climat et la tournure impersonnelle employée avec les verbes météorologiques : Il pleut. Il y a du vent. Il vente. Il neige. Il fait beau. Il tonne.

Dans ce poème, Verlaine invente l'expression "il pleure". Pourquoi ? Quel est l'effet produit par cette tournure ?

Expression orale : on présentera aux élèves les deux tableaux suivants, puis on leur demandera de dire quel est celui qui illustre le mieux le poème et de justifier leur choix. Attention : il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse ! Tout dépend de la sensibilité des élèves. L'important est ici de les amener à justifier leur émotion, leur impression, étape essentielle du DELF B1 !

Gustave Caillebotte, Rue de Paris, temps de pluie, 1877 Claude Monet, Etretat sous la pluie, 1884
Ce tableau appartient au mouvement réaliste. Les élèves sensibles à la dimension urbaine du poème de Verlaine, mais aussi à la présence, peut-être aimante, peut-être indifférente, de la femme aimée, pourront choisir ce tableau. Ce tableau appartient au mouvemment impressionniste. Les élèves sensibles au parallèle décrit par Verlaine entre la pluie et les larmes, qui fait de la pluie sur la ville un "paysage état d'âme", pourront choisir ce tableau.

 

Calligrammes

 

Après avoir montré aux élèves le calligramme "Il pleut" d'Apollinaire et le montage vidéo présenté ci-après, on pourra leur proposer de créer leurs propres calligrammes sur le motif de la pluie, ou de présenter le poème de Verlaine sous forme de callligramme.

Il pleut - Apollinairepar GregorioOliphant

 

Il pleuvait fort...

 

Pourquoi ne pas pousuivre votre leçon avec l'étude de la chanson de Georges Brassens, "Le Parapluie" ?

On pourra exploiter par exemple la fiche de Fleuh.fr, qui propose d'étudier l'imparfait à partir de cette chanson.

Expression écrite : "Un petit coin de parapluie, contre un coin de paradis"... A votre tour, faites le récit d'une rencontre due au mauvais temps : pluie, orage ou tempête de neige. [N. B. : raconter un événement, notamment en utilisant les temps du passé, est une compétence importante au niveau B1]

Savez-vous que cette chanson a également été traduite en russe ? On pourra se reporter au livret réalisé par Alexandre Avanessov, directeur du Choeur Georges Brassens à Moscou.

 

Dialogue des cultures

 

Le poème de Verlaine repose sur la proximité sonore entre "il pleut" et "il pleure". Choisissez un mot russe appartenant au champ lexical du temps météorologique (снег, дождь, метель, солнце, ветер, гром, гроза...) et réfléchissez aux mots et émotions qu'il suscite dans votre langue. Vous essaierez ensuite d'expliquer un Français pourquoi ce mot provoque ces associations dans votre langue.

 

Cette fiche pédagogique a été réalisée avec la participation des stagiaires du parcours 4 de la première école d'école d'été de l'Institut français de Russie (Kazan 2015).