«Tordre», nouveau spectacle de Rachid Ouramdane

Jeudi
15 sep 16
20.00
Saint-Pétersbourg et Nord-Ouest de la Russie
Erarta
Théâtre
Danse

On connaît Rachid Ouramdane dans le registre que l’on pourrait qualifier de « danse documentaire ».  Avec Tordre, ce double portrait crée en 2014, il puise dans le vécu de ses interprètes-fétiches pour développer un langage chorégraphique su le fil de l’émotion.

« Les particularités de mouvement de deux danseuses, poussées à l’extrême de leur implication, font démanager les conventions anatomiques de l’image du corps. Un triomphe du geste ».
Gérard Mayen

 

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à propos

Il y a le « show » et il y a les coulisses. La lumière des spotlights et la pénombre autour. La face A et la face B. Il y a les mouvements qu’un danseur exécute et il y a ceux qui le fondent. Tordre s’ouvre malicieusement sur la musique de Funny Girl, le film musical américain de William Wyler. Deux danseuses déboulent sur le plateau. Avec elles on sourit des grands archétypes du corps glorieux tel que Broadway l’a fantasmé. Pour mieux tordre, ensuite, la référence et pénétrer dans une autre histoire du corps, plus intime, plus fragile. C’est l’histoire de deux interprètes qui accompagnent depuis plusieurs années le travail Rachid Ouramdane (la première danse dans Des témoins ordinaires, Sfumato et Tenir le temps la seconde dans Looking back, Sfumato et Tenir le temps). L’histoire de la danseuse lituanienne Lora Juodkaite qui, en tournant sur elle-même jusqu’au vertige, a développé une pratique gestuelle personnelle qui l’accompagne et la réconforte depuis qu’elle est enfant. Et l’histoire de la danseuse britannique Annie Hanauer, bougeant avec une prothèse de bras articulée qui la prolonge et la constitue tout à la fois. Chacune à leur manière ont développé un « savoir-faire » connu d’elles seules, ont inventé une pratique devenue pour elles, aujourd’hui, consubstantielle.

Avec ce double portrait créé en 2014, Rachid Ouramdane sonde l’endroit ténu où le mouvement oscille entre poétique et thérapeutique. Portraitiste dans Superstars ou Cover, autobiographe dans Loin…, enquêteur dans Des témoins ordinaires, il poursuit ici un registre documentaire qui a popularisé sa signature à l’international : celui du témoignage feutré, de la révélation pudique, d’une mise en scène patiente et délicate de la confidence. Atmosphère enveloppante et hypnotique, qualité d’écoute et de contemplation… Rachid Ouramdane parfait, dans Tordre, son art subtil de la composition et place la focale là où il sait le mieux la poser: entre étrangeté irréductible et proximité. (Eve Beauvallet)

 


Lora Juodkaite

«Une époustouflante séquence centrale est une révélation dans la virtuosité de l’expression. Une danseuse, Lora Juodkaite, tourne longuement sur les pointes de pied dans un cercle au centre de la pièce, mais sa tête et ses bras se courbent dans une série d’angles irréguliers pendant de longues minutes (cette scène porte en quelque sorte le label du ballet : comme un manège de « chaînés renversés »). Avec ses cheveux roux flottant dans l’air, elle est tout à la fois belle et stressante, comme prisonnière de son propre tourbillon, et le spectacle est tout simplement extraordinaire. Il y a même des moments, grâce à la lumière d’Yves Godin, où la partie supérieure de son corps semble réellement se désintégrer (... ) Un des plus remarquables spectacles de danse-théâtre de notre temps.»
(Alastair Macaulay, au sujet de Des Témoins ordinaires (2009), The New York Times, le 12 octobre 2011)

 


Annie Hanauer

« Cette danseuse américaine se révèle intense et exubérante dans une chorégraphie de Rachid Ouramdane (...) »
(Philippe Noisette, Les Inrocks, le 6 novembre 2014, rubrique Nouvelle Tête)

Adresse : 
2A, 29 linia VO
m° Vassileostrovskaïa
Saint-Pétersbourg