Assises universitaires du français 2016 - bilan

Les Assises universitaires du français 2016 se sont tenues du 3 au 5 octobre 2016 à l'Université linguistique d'Etat de Moscou. Elles ont rassemblé 220 enseignants de français qui représentaient 102 universités, implantées dans 58 villes de Russie.

 

On en parle dans vos universités !

 

 

Ouverture

 

Les Assises ont été ouvertes par Igor Manokhine, Recteur A.I. de l’Université linguistique d’Etat de Moscou, Jean-Maurice Ripert, Ambassadeur de France en Russie et Eloi A. Maxime Dovo, Ambassadeur de Madagascar en Russie.

Le 3 octobre, l'Ambassadeur de France a donné à la Résidence de France un cocktail en l'honneur de tous les participants aux Assises universitaires du français 2016.

 

Les Assises, lieu d'information et d'échanges

 

Lieu d'information, les Assises permettent également à l'équipe du service culturel et de l'Ambassade de France / Institut français de Russie, mais aussi à des partenaires russes ou internationaux de présenter leurs activités au service de la langue française

  • « Une année dans le réseau linguistique francophone », Virginie Tellier, attachée de coopération pour le français
  • « Bilan, enjeux et perspectives de la coopération universitaire franco-russe », Pascal Cauchy, attaché de coopération universitaire
  • « Un exemple de coopération universitaire avec la Russie : l'IEP de Paris », Cécile Marin (IEP)
  • « Les Alliances françaises de Russie », Mireille Cheval, coordinatrice des Alliances françaises de Russie et Déléguée générale de la Fondation Alliance française
  • « Le russe en France », Gabrielle de Groër, Inspectrice générale de russe en France

Quatre tables-rondes ont également été organisées.

La première, autour de la recherche en didactique des langues-cultures, étaient modérées par Gaël Crépieux, directeur des cours à l'Institut français de Russie. Elle a réuni Christian Puren (Université de Saint-Etienne), Galina Boubnova (Université d’Etat de Moscou Lomonossov), Alexander Perepechenov (Université d’Etat de Moscou Lomonossov) et Marina Gladkikh (Université d’Etat de Moscou Lomonossov).

La seconde a permis à Jean-Claude Beacco (Université Paris III Sorbonne Nouvelle) de présenter le projet du GRAC : "les cultures grammaticales en contact : de la comparaison à la contextualisation. Larissa Muradova (Université pédagogique d’Etat de Moscou) et Yulia Stepanuk (Université d’Etat de Moscou Lomonossov) ont réagi à ces propositions.

La troisième table-ronde, modérée par Louis Beaudemont, chargé de mission pour la coopération universitaire, pottait sur la formation à la traduction littéraire. Elle a réuni Luba Jurgenson (Université Paris IV Sorbonne), Galina Ovchinikova (Université d’Etat de Toula), Tatiana Poniatina (Université linguistique d’Etat de Nijni Novgorod), Natalia Mavlevitch  et Margarita Koroleva (Institut de littérature et de création littéraire Maxime Gorki), Alexandre Sourkov (Université des sciences humaines de Kolomna), Valéri Kuznetsov et Tatiana Ossipova (Université linguistique d’Etat de Moscou).

Enfin, la dernière table-ronde, en présence de Danuta Tchernychova, directrice du département des standards et des contenus dans l’enseignement secondaire, s'est interrogée sur le rôle des assocations d'enseignants de français. elle a réuni Jean-Pierre Cuq (Université de Nice Sophia Antipolis), Jeanne Aroutiounova (Université russe de l'amitié des peuples), Elena Porchneva (Université linguistique d’Etat de Nijni Novgorod), Tatiana Novitskaya (Université pédagogique d’Etat de Blagovechtchensk), Maria Mzhelskikh (Université fédérale de Sibérie) et Liudmila Smetanina (école 1251 Charles de Gaulle de Moscou).

 

Les Assises, lieu de recherche

 

Cette année, les Assises étaient consacrées aux dimensions culturelles de l'enseignement-apprentissage du français en Russie.

Christian Puren (Université Saint-Etienne) a tout d’abord parcouru l'histoire de la didactique des langues-cultures, afin d’analyser les composantes successivement privilégiées de la compétence culturelle - trans-, méta-, inter-, pluri- et co-culturelle - dont l'ensemble constitue actuellement un modèle complexe indispensable pour prendre en compte la pluralité des besoins et des objectifs culturels des publics apprenants. Jean-Claude Beacco (Université Paris 3) est ensuite revenu sur la notion de compétence plurilingue et interculturelle, formulation compacte d’un programme de recherche et d’objectifs de politiques linguistiques éducatives, qu’on peut tenir pour légitimes et adaptés aux sociétés multilingues contemporaines. Tatiana Zagryazkina (Université d’Etat de Moscou) a analysé les modifications de l’image de la langue française en Russie depuis le début du XXe siècle ainsi que l’idéologie linguistique qui les sous-tend. Jean-Pierre Cuq (Université de Nice) a exposé différentes cultures d’enseignement-apprentissage à travers le monde en s’appuyant sur le livre blanc de la FIPF.

Une séquence spécifique s’est concentrée sur la richesse des relations culturelles franco-russes dans le domaine de la littérature. Ekaterina Belavina (Université d’Etat de Moscou) a montré l’influence de Marceline Desbordes-Valmore sur Alexandre Pouchkine et le parti qu’on peut en tirer en classe de langue. Luba Jurgenson (Université Paris 4) a proposé une réflexion à partir de sa propre expérience d’écrivain francophone d’origine russe et de traductrice du russe vers le français, alors même que cette langue n’est pas sa langue maternelle. La conférence portait sur l’expérience du bilinguisme dans l’écriture et dans la vie : qu’est-ce que celle-ci révèle de la pluralité des « moi » et des constructions identitaires que nous forgeons ? Il s’agissait de questionner les concepts d’identité, la place de la langue maternelle dans nos représentations, le rôle de l’histoire dans les parcours individuels.  Le plurilinguisme y a été abordé comme pratique, mais aussi comme modèle existentiel de plus en plus présent dans le monde contemporain. Véra Milchina (Université russe des sciences humaines) a consacré son intervention au conflit du traducteur et de l’historien de la littérature, à partir de la traduction de deux textes de Balzac : Physiologie du mariage et Petites misères de la vie conjugale. Virginie Tellier (Institut français de Russie) a formulé quelques hypothèses didactiques et méthodologiques, comme la nécessité de privilégier la dimension interdisciplinaire et comparatiste de l’enseignement de la culture en classe de langue ou la place singulière qu’il convient d’accorder au texte littéraire parmi les autres discours.

La dernière séquence était consacrée à la bande dessinée, comme objet culturel et support d’activités. La question de la traduction et celle du rapport texte/image ont été abordées successivement par Nadejda Buntman (Université d’Etat de Moscou) et Michèle Debrenne (Université d’Etat de Novossibirsk).

 

Les Assises, lieu de réflexion sur les pratiques pédagogiques

 

Parallèlement à la partie scientifique du colloque, des ateliers pédagogiques, animés par des formateurs française et russes, étaient proposés aux participants. Il s'agissait de présenter quelques outils pratiques, quelques réalisations dans le domaine particulier de l'enseignement de la cutlre en classe de langue. Conformément à la demande formulée par les participants aux Assises 2015, le format de 2h30 a été retenu, au sein d'une journée entièrement consacrée à ces ateliers.

 

  • la littérature en classe de FLE : quel usage, quelles méthodes ? (Tatiana Tchistiakova)
  • intégrer la dimension culturelle dans les différentes phases du déroulement d'une unité d'apprentissage (Yulia Glukhova)
  • créer un cours de français à partir d’un document authentique (Evgenia Bernigaud)
  • monter un programme de FOU métiers du tourisme : quelle place pour la culture ? (Faina Zolotavina et Nadejda Melnikova)
  • les dimensions culturelles de la préparation au DALF C1 (Yulia Sinitsa et Elena Berezkina)
  • analyser un film en classe de FLE : l’exemple de Pickpocket de Bresson (Virginie Tellier)

 

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